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13 mai 2026 - Communiqué de presse

PJL urgence agricole : enfin une contribution des multinationales pour financer la lutte contre les pollutions de l’eau et soutenir le monde agricole !

Face à la menace montante de la pollution des ressources en eau, l’Assemblée nationale s’apprête à confirmer la création d’une redevance visant l’industrie des pesticides et fertilisants. Déjà votée en commission à une large majorité, elle permettra de financer la protection des captages d’eau potable, de garantir une eau potable en quantité suffisante, de maîtriser les factures d’eau, mais aussi de financer la compensation des agriculteurs concernés.

Des ressources en eau potable en très grand danger

 

En France, 1 tiers des 33 000 captages d’eau potable alimentant 67 millions de Français et de nombreux acteurs économiques ont des teneurs préoccupantes en polluants. Ces pollutions, à près de 90 %, sont constituées de métabolites de pesticides et dérivés de fertilisants. 2 500 de ces captages présentent même des dépassements ponctuels ou réguliers de valeur limite de polluants admise dans les eaux destinées à la consommation humaine. Déjà plus de 14 000 captages d’eau potable ont été fermés depuis les années 80, principalement en raison de présence de pesticides et de nitrate.  

Aujourd’hui, la capacité des collectivités de garantir une eau de qualité aux populations, au monde agricole et agro-alimentaire, et à tous les acteurs économiques est donc en grand danger. Souvent livrées à elles-mêmes, alors qu’une grande partie des produits polluants sont encore autorisés, elles n’ont d’autre choix que de mettre en place des traitements très onéreux se répercutant sur la facture d’eau des usagers ou de fermer ces captages afin d’éviter des risques sanitaires graves pour la population. 

 

Faire payer la lutte contre les pollutions aux multinationales des pesticides et des fertilisants et non aux collectivités et usagers subissant ces pollutions 

 

Selon les estimations convergentes d’AMORCE et du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, sur les milliers de captages d’eau potable en danger, le coût du traitement des métabolites de pesticides et des dérivés de fertilisants chimiques, mais aussi des PFAS, est estimé entre 500 millions et 1 milliard d’euros par an. Financer le changement des pratiques agricoles et la compensation des agriculteurs autour de ces mêmes captages nécessitent également près d'1 milliard d’euros par an. Cela entrainerait une augmentation de 25 à 50 % par an de la facture d’eau des ménages français, déjà estimée à 600 euros par famille par an.  

 

Il serait scandaleux que les collectivités, les ménages et les agriculteurs aient à supporter ces coûts en lieu et place des metteurs sur le marché des produits à l’origine de ces pollutions, dont seulement certains sont interdits. Le principe « pollueur-payeur » doit être strictement appliqué pour financer l’accompagnement des bonnes pratiques, en particulier celles du monde agricole, et le traitement des captages les plus pollués. C’est pourquoi, AMORCE défend depuis plusieurs mois le principe d’une contribution des multinationales de la chimie des pesticides et des fertilisants, responsables de cette pollution massive par la commercialisation de leurs produits depuis des décennies, et ce en générant des profits colossaux. 

 

Sensibles à la protection des populations et du monde agricole, les députés de la Commission de l'Aménagement et du Développement Durable de l’Assemblée nationale ont voté fin avril, à une large majorité, l'instauration de cette redevance qui génèrera près de 600 millions d’euros d’aide à la protection des captages et au monde agricole. Les entreprises visées n’auront pas le droit de répercuter le coût de cette redevance sur les produits vendus aux agriculteurs. 

 

Les collectivités locales françaises appellent donc les députés de toutes sensibilités, à confirmer en séance plénière à partir du 19 mai, la création de cette contribution nécessaire. Cela constituerait l’une des plus grandes avancées politiques de notre pays en faveur de la protection de l’eau et du monde agricole face aux pollutions émergentes et aux risques pour notre santé, notre souveraineté alimentaire et hydrique.  


 

Contact presse

Julia Ingrassia - jingrassia@amorce.asso.fr – 06 11 43 78 51